2001


Rapport - Charles Collard

 

 

Répondant à l'invitation de Rod Willmot, j'écris ces lignes quelques jours après l'édition 2001 du Défi de l'Île, encore tout excité de ma participation. Mes jambes ont déjà oublié leur fatique. Une image un peu surréaliste me revient, celle du départ avant l'aube et l'impression dès les premières minutes de ne pas sentir le sol sous mes roues. Un plaisir mêlé à la peur de tomber. Qu'y-a-t'il donc dans le patin de si fascinant? La fragilité de l'équilibre, le glissement silencieux sur la route, la sensation de vitesse...Inutile de chercher, le plaisir ne s'explique pas. Revenons à la course. Peu après le départ, un trio déjà s'est détaché et malgré une chute d'Allison Turner (qui se relève aussitôt), ce trio constitué de Charles Beaudoin, d'Allison et Bernard Doth, terminera dans cet ordre sans jamais être rejoint.

Au terme de la première étape, je forme le second peloton avec quatre compagnons. La portion très roulante du Lakeshore permet d'augmenter la moyenne et nous travaillons bien. Dans la côte de Senneville, Yuri Juteau nous rejoint. Sa très efficace double poussée creuse peu à peu l'écart. Vers le cinquantième km, nous ne sommes plus que deux, avec Yuri quelques minutes en avant. Brad Moffat commence à prendre des relais. "On peut le faire en moins de six heures", me dit-il. Il tient un rythme d'enfer! Nous passons Pie IX en 3h30 et la moyenne continue d'augmenter sur Gouin. Juste avant la quatrième étape, je retrouve Yuri qui chute brusquement devant moi. Rien de grave, il redémarre courageusement. Je regarde ma montre à 100 kms (4:15); tout est possible! Arrive la portion tant redoutée, je la connais bien et sais où se trouvent les difficultés. A quinze kms du but, je perds du terrain sur Brad, qui ne faiblit pas, mais je le garde en point de mire. Puis soudain un clou s'enfonce dans l'une de mes roues. J'attends de l'aide car seul je n'arrive pas à le retirer.

Plusieurs minutes passeront avant qu'un bénévole du Défi ne me dépanne. Mais ce clou m'a fait perdre tout espoir de compléter le parcours en moins de six heures. L'arrivée que je devine proche m'arrache à ma fatique. Il n'y a que trois kms et j'ai fait plus de la moitié du parcours seul. Finalement je manque les six heures par deux minutes. Félicitations à tous les participants(tes).

Ce fut une journée intense partagée avec des gens formidables.

Charles Collard


Haut