2001


Rapport - Saul Levine

 

 

Deux semaines après le Défi, j'ai pu enfin organiser mes pensées là-dessus. Je n'ai commencé à faire du roller qu'il y a trois ans, quand j'étais déjà à la cinquantaine. Pour moi le roller a été une chance de me décontracter et de prendre un peu d'exercice. Jusqu'à cet été le plus long que j'avais jamais patiné était à peu près quatre heures et demie. (Mon épouse pense que je suis dingue.) J'ai pris un des dépliants sur le Défi le long de la piste cyclable en Dollard des Ormeaux. Mon fils de 17 ans m'a persuadé d'accepter le défi. Cela était à six semaines avant le 20 octobre. A deux semaines avant, j'ai pu porter ma distance à cinq heures et demie. En considérant mes temps dans certaines sections, je savais que j'avais une chance de le faire en moins 8 heures, si j'étais capable de durer aussi longtemps. Mais il fallait que je sois réaliste. Des fois les vents sont féroces. Et j'étais très conscient de la piètre condition de la dernière section, surtout le long de Notre Dame.

Mon fils m'a conduit jusqu'à l'Auditorium de Verdun. Il a trouvé fascinant les préparatifs dans le stationnement, et l'atmosphère intense et emballante quand l'heure du départ approchait. Un véritable événement de culte. Pour moi personellement les quatre premières sections sont allées vraiment bien; un peu plus de six heures. J'ai patiné seul, sauf que ma femme m'a recontré à Pierrefonds pour remplir mon Camelbak, tandis que mon fils m'a retrouvé sur Notre Dame, un peu après le début de la 5ieme section, encore une fois pour un remplissage et une collation.

C'est le vent et la condition rugueuse de la dernière section qui ont été ma ruine. J'ai terminé en 8:26, sans arrêter. Pour moi et pour ma famille, ce qu'on a ressenti était surtout la fierté d'avoir accompli ça. Je n'ai pas eu trop de mal après, bien que, dans mes trois années de patinage -- presque tous les jours pendant 9 mois -- c'est la première fois que j'ai eu une crampe musculaire douloureuse.

Plus que le Défi lui-même, le roller m'a amené à plusieurs endroits sur l'île que je n'aurais jamais trouvé autrement, ce qui est assez surprenant vu que j'ai vécu toute ma vie à Montréal. J'ai surtout apprécié la sérénité des parcs de long du boul Gouin, dans les sections 3 et 4. Le paysage est merveilleux là-bas, et pour la plupart le sentier est en bonne condition. Ce qui n'était pas du tout ma conception de Montréal, car je demeure dans l'ouest de l'île où les quartiers font trop de compétition entre eux pour les services municipales.

Je félicite sincèrement les organisateurs, car il est clair que le Défi requiert énormément de travail. Je ne sais pas encore si je participerai la prochaine fois. Pour moi ça a été un vrai défi, juste pour voir de quoi j'étais fait. Cependant... s'il fait beau l'année prochaine... peut-être que je serai là encore une fois à 5h30 pour essayer de nouveau. Peut-être que je serai capable pour vrai de terminer en moins 8 heures.

Saul Levine


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