2001


Rapport - MJ Barrett

 

 

J'ai terminé l'événement en 2001 et je voulais partager mon expérience avec quiconque considère le faire à l'avenir. J'ai vécu quelque chose de merveilleuse, et je suis très reconnaissante pour l'aide que j'ai reçu de Rod Willmot, Robert Fortier et son épouse. C'était la première fois de ma vie que je fasse une course et c'était ma première visite à Montréal. J'ai pris longtemps à écrire mon rapport pour Rod, mais le souvenir de l'appui et de l'encouragement que ces individus m'ont apporté m'oblige enfin à le faire.

J'espère que mon expérience poussera ceux qui ne font que considérer le Défi de s'inscrire pour vrai et de préparer tout de suite leur voyage!

Pourquoi j'ai décidé de patiner Montréal

J'avais entendu parler de cette course il y a quelques années quand j'ai réalisé que Athens-to-Atlanta serait trop dangéreux (collines) pour un patineur récréatif comme moi. J'adore patiner, mais je roule doucement afin de pouvoir apprécier le soleil, le vent sur ma peau, l'environnement, etc. J'ai trouvé génial l'idée d'aller voir Montréal, d'y aller surtout juste pour patiner, et de toute façon il n'y avait aucune autre course de cette envergure sur le continent. Car moi je choisis toujours la distance sur la vitesse, parce que j'ai une bonne endurance.

Peu importe que ma technique est horrible, que je patine comme un bateau à voiles -- pas accroupie comme les pros. En tant qu'une femme de 45 ans qui avait commencé quelques années avant, je ne m'étais jamais préoccupé de technique, me disant qu'ainsi j'aurais un entraînement plus dur. Si j'étais plus efficace je devrais patiner plus, n'est-ce pas? De toute façon, je patinais déjà une ou deux heures par jour rien que pour le plaisir, et il me semblait peu de chose que d'ajouter quelques milles de plus chaque semaine afin de me préparer. Je m'entraînais à Phoenix dans des températures de 105-110 degrés Fahrenheit, et d'après tous les conseils que j'ai pu trouvé j'avançais bien. Je patinais tous les deux jours de 20 à 30 milles, avec une sortie hebdomadaire de jusqu'à 50 milles, alors j'étais bien confiante que je pouvais au moins terminer la course, ce qui était mon but. J'ai pensé suivre des cours pour améliorer ma technique, mais j'ai décidé que c'était trop tard pour faire une différence.

Quelle meilleure course pour être sa première que le Défi de Montréal, le 20 octobre, 2001. Je n'avais jamais patiné avec autrui, sans parler de le faire dans un événement organisé, et il m'a semblé que le Défi me donnerait un bon apprentissage, surtout vu qu'on insiste sur l'aspect randonnée plutôt que course.

Naturellement, cet apprentissage m'a surtout appris ce qu'il ne fallait pas faire...

La Course

Pour commencer:

Afin de rouler mieux j'avais amené avec moi un nouvel ensemble de roues -- tout en oubliant les outils pour les installer. Heureusement, je restais dans le même hôtel que Rod, et la veille de la course il m'a secouru, car j'avais passé la journée en tourisme au lieu de me préparer. Si Rod n'aurait pas été là je ne sais pas ce que j'aurais fait, parce que les vieilles roues sur mes patins étaient extrêmement usées. Au fait, selon Rod il n'est pas très prudent de mettre des roues flambant neuves pour une course, parce qu'en cas de pluie je les aurais trouvées glissantes.

Le matin de la course, n'ayant pas beaucoup dormi, je me suis levé tôt pour boire du thé chaud et afin d'être sûre de trouver le départ. Il faisait noir et frisquet. Démarrer une course de 128 km à 6h, je devais peut-être me soucier de combien de temps ça me prendrait...

J'ai trouvé le départ sans problème. Cependant j'ai été un peu intimidée par les uniformes multicolores de la plupart des autres, qui avaient l'air bien professionel. Presque personne ne portait des protèges ni des sacs. Moi, je portais de vieilles culottes et un t-shirt en coton, une jaquette thermique avec capuchon, et toutes mes protèges -- poignets, coudières, genouillères -- et un Camelbak et un sac à taille... Évidemment j'étais hors de mon élément. Ces gens-là auraient dû aller à une vraie course.

Je n'avais pas reçus mes dossards dans la poste avant de quitter Phoenix, donc il m'a fallu faire une nouvelle inscription. Tout le monde était sympathique et serviable, mais ça m'a pris du temps pour trouver comment attacher mes dossards sans qu'ils entravent ceci ou cela. En plus, vu que j'avais faite toute ma préparation dans la chaleur d'Arizona, je n'avais jamais pensé au problème de comment porter les protèges avec des vêtements chauds. Je patinais toujours en culottes et brassière sport. Heureusement, mon vieux blouson d'entraînement était assez large pour que je porte les protèges en-dessous.

Quand tout le monde est parti à 6h juste, moi j'étais encore occupée à mettre mes choses! J'ai pris au moins une demi-heure de plus avant de partir, ce qui n'aurait pas été un problème sauf que je n'avais personne à suivre, et il faisait trop noir pour lire le guide -- qui était en français de toute façon. Avec tout le thé que j'avais bu avant de partir, ce n'était pas longtemps avant que je commence à chercher des toilettes. Quelle façon de commencer!

Une fois partie, je me suis sentie un peu perdue jusqu'au moment où j'ai rattrapé quelques autres tardifs. Pendant un certain temps je savais que j'étais sur le bon chemin, mais éventuellement ils sont arrêtés, et là soudainement j'étais perdue. J'ai sorti le guide mais ça n'a pas aidé, alors j'ai commencé à chercher les flèches jaunes peinturées le long de la route, mais je n'en voyais pas. J'ai décidé de continuer en devinant le chemin, et si j'étais perdue pour vraie je prendrais un taxi quand je serais trop fatiguée. Mais tout d'un coup, un jeune homme s'est approché pour me dire que j'étais au premier point de contrôle, et que je devais continuer même si j'étais un peu en retard. Ainsi encouragée, j'ai reparti en me disant que ça allait bien malgré tout. Au deuxième point de contrôle, j'ai arrêté près de quelques autres qui flanaient, et j'ai bu de l'eau et mangé une banane. Je ne savais pas que j'allais encore continuer seule, car je ne crois pas qu'aucun des patineurs que j'ai vu là n'ait poursuivi. Maintenant on était de nouveau en ville et bien sûr je me suis rendu compte que je roulais à côté des voitures, quand je devais être dans la piste cyclable de l'autre côté de la rue. Ça m'a semblé plus intelligent d'y aller plutôt que de jouer le char, alors j'ai traversé.

Après le troisième point de contrôle, Robert et certains autres bénévoles ont commencé à me checker de temps en temps pour vérifier si j'étais bien. Je ne sais pas si c'est parce que j'étais tellement en arrière ou s'ils savaient que j'avais été tellement perdue, ou si j'avais l'air de souffrir... De toute façon, j'ai vraiment apprécié l'effort qu'ils ont fait pour me garder sauve et sur le bon chemin.

Ce jour-là j'ai roulé par des endroits magnifiques, la plupart du temps sur de belles chaussées. Le parcours vous mène jusque dans le vieux Montréal, que j'ai beaucoup aimé. Cependant quand j'y suis enfin arrivée je me concentrais surtout sur l'idée de terminer. À la seule descente importante j'ai chuté doucement sur les fesses pour ralentir, et puis j'ai descendu avec précaution au lieu de la patiner. Ma technique d'arrêt n'a jamais été très bonne, et à ce moment-là j'étais bien fatiguée après toutes ces heures de patinage. La dernière partie m'a semblé terriblement longue, mais quand j'ai traversé la ligne de la fin je ne me sentais pas trop pire du tout. Plusieurs personnes étaient toujours là pour être sûrs que tout le monde rentrait, mais à l'heure où j'ai terminé il faisait tard dans l'après-midi et la journée avait été longue pour les organisateurs. J'ai flané avec quelques autres pendant que les derniers patineurs rentraient, puis je suis allé à l'hôtel pour récupérer. Grâce à avoir suffisamment bu et mangé, je ne me sentais pas trop mal. Même le lendemain, à part un peu de douleur aux chevilles, il ne me semblait pas avoir passé une rude épreuve.

Ce que j'ai appris et ferais différemment

Pour quiconque n'a jamais auparavant essayé une course ou autre événement en patins, je vous encourage de lire soigneusement les conseils que Rod fournit sur son site. C'est ça qui m'a le plus aidé. Si vous ne connaissez pas Montréal, ne vous en faites pas trop avec les cartes, car il paraît que le parcours change un peu chaque année, et de toute façon le chemin est vraiment bien balisé avec les flèches peinturées sur la chaussée. Concentrez sur les flèches, et plus encore, essayez de rester avec un groupe qui l'a déjà fait.

J'ai fait beaucoup d'erreurs, comme on pouvait s'attendre de quelqu'un pour qui c'était la première fois. Pour conclure, voici mes conseils pour tous ceux qui entreprennent leur première course en distance:

Mes conseils pour ce qu'il ne faut pas faire seraient:

Bonne chance à tous qui participent cette année. Vous ne le regretterez pas, j'en suis sûre!

MJ Barrett


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