2002


Rapport - Dan Tripp

 

 

[Traduction de Renaud Nicolas]   À tous mes amis Canadiens Français….

Nous sommes arrivés du Michigan très sûrs de nous-mêmes. Après tout, n'avions-nous pas complété avec succès, à peine deux semaines auparavant, la dure épreuve Athens-Atlanta (A2A - Georgie, USA)? Nous étions prêts. Nous savions qu'il n'y aurait pas toutes ces collines à monter et à descendre, parfois à des vitesses vertigineuses. Nous pensions que nous allions nous payer du bon temps en admirant le paysage tout en patinant de manière décontractée autour de l'Île de Montréal. Même la pluie ne parvenait pas à nous intimider. Nous avions bien quelques inquiétudes au sujet de la température froide, mais nous avions enfilé des vêtements adaptés à l'occasion. Nous étions prêts à en tasser quelques uns!!! Nous étions bien loin de nous douter qu'après avoir patiné plus de 50 miles (80 km) dans une pluie battante, nous ferions face un vent de face de plus de 20 miles/hre (32 km/h) qui ralentirait notre progression pendant les derniers 20 miles (32 km) de l'épreuve.

Quel défi! Après avoir eu de la difficulté à lacer mes patins, après avoir pensé ne plus me relever après ma troisième chute, après avoir glissé à répétition sur les pistes cyclables recouvertes de feuilles mortes et sur les sections huileuses des trottoirs et après avoir roulé sur des rues qui relèguent la chaussée raboteuse de l'épreuve de Georgie au rang des pistes intérieures enduite d'uréthane, je me suis enfin assis à l'Auditorium de Verdun... pour réaliser que je ne pouvais plus me relever sans aide...

Mais quelle montée d'adrénaline! Le fait de finir une épreuve aussi longue, dans des conditions aussi difficiles et exigeantes, au milieu d'un groupe d'individus tellement amicaux et généreux, m'a permis d'apprécier la grandeur du sport qu'est le patin à roues alignées ainsi que la noblesse des individus qui supportent ce type d'événement autour du globe.

Ma première participation au Défi de cette année occupe une partie aussi importante de mes souvenirs que mon premier parcours complet de A2A. Les deux événements offrent aux patineurs ce genre de défi qui permet de comprendre ses forces et ses faiblesses, autant comme patineur que comme être humain. A2A, ce sont ces interminables collines sur un parcours de 86 à 87 milles (138 km). Mais au moins il y a moyen de se reposer dans les descentes et de profiter de la vitesse pour amorcer la prochaine remontée. Le Défi, quant à lui, exige que vous patiniez sans relâche sur plus de 128 km, sans véritable occasion de se reposer ou de récupérer. Pour compliquer encore plus le portrait, vous devez patiner contre le vent si longtemps que ça semble une éternité.

Mais – lorsque vous atteignez enfin la ligne d'arrivée, accueilli par tous ces cris d'encouragement et ces sourires, vous réalisez que ces souffrances étaient pleinement récompensées.

Le Défi mérite de figurer parmi les événements majeurs du patin à roues alignées, au même titre que le A2A et les 100 km de New York.

J'ai vraiment hâte à l'an prochain!!!!

Tous nos remerciements à Rod Willmot pour ses efforts pour que les Américains se sentent bienvenus et à l'aise. Des remerciements particuliers à tous ces gens qui on composé avec notre complète ignorance du français.

Des remerciements spéciaux à mon nouvel ami Marcel Lafontaine, qui a trouvé le courage de continuer la course alors que chaque fibre et chaque os de son anatomie lui ordonnaient d'abandonner. Ton courage et ta détermination m'ont permis de trouver la force de continuer lorsque mon corps me disait "assez c'est assez". Comment pouvais-je abandonner alors que mon nouvel ami m'attendait à la ligne d'arrivée?!

Enfin, merci à Montréal – une ville merveilleuse, peuplée de gens attachants.

Dan Tripp


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