2002


Rapport - Jonathan Royer

 

 

Rue Wellington, il me reste 4 km. Je suis donc sur la fin de cette course et je vais la finir. Je ne l'aurais pas cru ce matin lorsque j'ai vu la température. Je me suis dit, je ne la finirai probablement pas, mais je ferai de mon mieux. Je me suis levée à 4h00 pour me préparer malgré la pluie qui me décourageait. J'ai 17 ans et c'était ma première participation à un défi de ce genre.

À 6h00, c'était incroyable ces 150 participants en ligne commençant à patiner. Sous l'éclairage des lampadaires, c'était vraiment beau à voir et même très impressionnant pour moi. Au début, je patinais avec un autre participant à sa première année lui aussi. Nous nous sommes laissés entre la 2e et la 3e section. Ensuite, j'ai commencé à me sentir fatigué et j'avais mal aux jambes. Seul, je trouvais le temps plus long et je ressentais plus fortement mes douleurs. Après la 3e section, j'avais des crampes dans les jambes aux quinze minutes. Mais je continuais. À la 5e section, le froid et le vent m'affectaient terriblement. Même si je voulais garder le même rythme, mon corps ne répondait pas à ma demande. Je me sentais au ralenti.

À 15 km avant la fin, je voulais me laisser tomber et abandonner. J'avais vraiment froid. Mes mains étaient gelées, j'étais trempé de la tête aux pieds. Mais voilà, il me restait 4 heures et 30 minutes pour terminer la course dans les temps requis, soit 12 heures. Ce fut mon dernier espoir. Je me suis dit, même si je le fais pas par pas, pratiquement comme si je marchais, je peux encore y arriver! Alors, je continue.

Le froid prenait le dessus sur mes douleurs. Arrivé dans le Vieux Port, je patinais d'un air abattu, les bras pendants. Ça me surprenait moi-même, mais j'arrivais à garder un rythme bien régulier et assez bon.

Rendu sur Wellington, j'ai continué malgré une crampe dans la cuisse qui ne m'a pas lâché pendant un bon 2 km. Enfin!!! J'ai aperçu l'Auditorium de loin. J'ai revu tous les événements que je venais de vivre. C'était une joie inqualifiable et que je n'aurais voulu manquer pour tout l'or du monde.

À la ligne d'arrivée, après avoir connu mon temps de 8h36, je ne voulais qu'entrer chez moi et me coucher. Ça m'a pris 5 jours pour récupérer physiquement, mais ça en valait la peine.

Je me suis senti jeune parmi tous ces patineurs expérimentés. Mais j'ai parlé avec plusieurs qui étaient tous aussi fatigués que moi. J'ai rencontré des Américains, des Ontariens et des patineurs d'un peu partout au Québec. Je les ai tous trouvé sympathiques. Je remercie tous les organisateurs et les patineurs qui m'ont tenu compagnie pendant cette dure épreuve. Je suis très fier de moi. C'est un rendez-vous pour l'an prochain -- beau temps ou mauvais temps.

Jonathan Royer


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