2002


Rapport - Luc Giard

 

 

Lorsque ma conjointe, Carolyne Tanguay, ma réveillé à 4h00 le matin du Défi, jai pensé quil était absolument ridicule quelle se lance dans une telle aventure, dans ces conditions climatiques, sachant très bien que même si lévénement aurait lieu dans des conditions idéales, ce serait déjà un exploit que de le compléter. Allez donc tenter de convaincre une personne qui s'entraîne depuis des mois, de se retirer le matin même de l'évènement. Je me suis alors dit, on va y aller et on reviendra à la maison dans quelques heures... étant sûre qu'elle ne pourrait jamais faire le Défi dans ces conditions.

Lorsque nous sommes arrivés dans le stationnement arrière de l'Auditorium à 5h45, il n'y avait que quelques personnes qui se préparaient afin de prendre le départ à ce qui allait être une journée froide et détrempée. Je n'étais pas surpris de voir qu'il y avait si peu de monde, et je me disais dans ma tête Il va y avoir une dizaine de fervents au point de départ, pas plus. Dix minutes plus tard, dans la pluie et le froid, à ma plus grande stupéfaction, je vois arriver plus de 150 patineurs arrivant de tous bords tous côtés et ce avec le sourire aux lèvres.

Je cherche encore les mots pour décrire ma pensée à ce moment là. J'étais en présence de quoi? Était-ce 150 fanatiques, 150 obsédés, 150 passionnés, 150 enragés du roller, ou étais-je tout simplement en présence de 150 personnes qui souffrent d'un déséquilibre mental. La pensée du jour était, Faut-tu être malade! Je pensais à Robert qui, à chaque année, remet une médaille et un certificat au participant. Je me disais, Il devrait inclure avec ça deux ou trois séances avec un psychologue. M'étant présenté à cette journée en tant que bénévole, et constatant qu'il y avait autant de monde, je me mis rapidement en marche afin de suivre la gang du mieux que je le pouvais.

Pluie, froid, noirceur, voilà ce à quoi nos 150 zélés du roller devaient faire face. Par moments, on n'y voyait rien, la piste était très glissante et il y avait des flaques d'eau de plus de 10cm (sans savoir comment était la chaussée dessous). Ma plus grande crainte était de voir tomber un des participants et d'entraîner ceux qui suivent avec lui. J'ai bien tenté de me déplacer le plus vite possible afin d'éclairer et de diriger les patineurs, mais j'ai rapidement constaté qu'il aurait fallu être au moins 50 bénévoles afin de faire un travail adéquat dans les conditions climatiques que nous subissions. Je dois avouer que dans ces conditions, avoir été en roller, je me serais ramassé sur le nez dans le temps de le dire. On aurait juré que nos 150 cinglés du roller sont venus au monde avec des patins dans les pieds tellement cela semblait facile pour eux. Je vous ai suivi pendant 12 heures (au chaud dans ma Jeep). Mais une chose est sûre, Vous m'avez fait tripper, bein raide! Je pourrais facilement vous écrire 30 pages sur ce dont j'ai été témoin durant cette journée.

Ce que vous, les inconditionnels du roller, avez accompli ce samedi 19 octobre, est une preuve incontestable de détermination, d'inspiration, de motivation, de ténacité, de volonté et d'acharnement pour nous tous qui avons été témoins de votre aventure. Le plus beau dans tout cela, malgré la douleur, le froid et les blessures, nos cinglés du patin ont gardé le sourire du début à la fin, autant ceux qui l'ont fait en 6h00 que ceux qui se l'ont tapé en 12. L'histoire d'amour que vous vivez avec vos patins n'a, pour moi, aucun égal. Que des sentiments de réussite, d'aboutissement et de triomphe vous suivent partout où vous irez. Les amis, laissez-moi vous dire qu'à mes yeux, vous êtes vraiment tous de vrais champions.

À vous tous, ma gang de malades, et en particulier à toi mon amour, je vous dis encore une fois... BRAVO!   ...Du bénévole stupéfait dans sa Jeep noire!

Luc Giard


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