2002


Rapport - Steven Davidovics

 

 

[Traduction de Renaud Nicolas]   Je me nomme David Davidovics et j'en était à ma première participation au Défi. En fait je n'ai entendu parler du Défi pour la première fois que trois semaines avant l'événement et j'ai tout fait pour m'y préparer. J'ai rencontré un vieil ami, Léo Beinglas, qui, à 52 ans, a vaincu le cancer en suivant un régime constitué d'une saine alimentation et de l'exercice... et, probablement, de la chance. Quand il m'a dit qu'il patinait tous les jours pour se rendre de son domicile situé à Montréal-Ouest jusqu'à son lieu de travail au centre-ville, je fus impressionné. Il m'a aussi parlé du Défi et j'ai rapidement embarqué puisque j'aime aussi beaucoup patiner. J'avais besoin de quelque chose comme le Défi pour me remettre émotionnellement du deuil de mon père, décédé subitement il y a un an, sans que rien ne laisse présager de sa mort.

A 46 ans et dans une condition physique relativement bonne, j'ai démarré l'épreuve comme un enfant qui entre dans un magasin de jouets. Mon enthousiame était imperméable aux mauvaises conditions météo et en autant que les patins tenaient le coup et qu'il y avait un minimum de prise sur la chaussée, je fonçais. Après 20 km j'étais trempé jusqu'aux os, mais, par un phénomène quelconque, la pluie et le froid me permettaient de maintenir ma température corporelle à un niveau confortable, moi qui habituellement ai très chaud. Je buvais du "Gatorade", je mangeais des barres énergétiques ainsi que quelques bananes et, de surcroît, je parvenais à régulariser la température de mon corps.

Léo a dû abandonner au bout de 70 km, mais, puisque j'avais encore des réserves, j'ai continué. Pour les 20km qui ont suivi, j'étais seul et ça devenait de plus en plus difficile. J'avais des ampoules aux pieds, j'avais froid, j'étais seul et trempé sans mentionner la fatigue et les douleurs musculaires. Mais la pensée de mon père et le souvenir de mes amis rigolant lorsque je leur ai parlé de mon projet de patiner 128 km, m'encourageaient à terminer.

J'ai rencontré le copain d'une patineuse avec qui j'avais patiné plus tôt dans la journée et il m'a offert une banane et m'a suggéré d'attendre son amie qui n'était qu'à environ 5 minutes derrière moi. Elle avait patinée jusqu'à présent avec son frère, mais celui-ci avait décidé d'accélérer la cadence pour la fin du parcours. En passant près de nous, il nous avait dit qu'elle n'était pas loin derrière. Son copain m'a encouragé à patiner avec elle à plus faible cadence et il m'a offert ses encouragements, une autre banane, ainsi qu'une barre Aéro.

La dernière étape fut un véritable enfer. A chaque foulée, je grognais. Elle riait et se moquait gentiment, mais ne perdait pas de vue l'objectif de terminer l'épreuve. Son frère ayant déjà terminé l'épreuve a trouvé suffisamment d'énergie pour revenir à notre rencontre et nous accompagner pendant la dernière heure du trajet, que nous avons patiné de peine et de misère. J'apprécie sincèrement la générosité dont Carole Daoust et son copain ont fait preuve à mon égard ainsi que son frère Michel, qui aurait pu terminer parmi les meneurs, mais qui a passé la plus grande partie de la journée avec sa soeur beaucoup plus lente que lui.

Merci à tous les bénévoles qui m'ont aidé, à toi Rod qui es venu à ma rencontre à l'arrivée pour t'assurer que tout allait bien, ainsi qu'à Renaud Nicolas que j'ai rencontré dans les vestiaires et qui m'a prodigué des conseils sur la manière de mieux récupérer après l'épreuve. Ce sont les gens, l'amour et la générosité qui sont les véritables vainqueurs de cette journée extraordinaire que je n'oublierai jamais. Merci mon Dieu.

Steven Davidovics


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