2002


Rapport - Yann Gaudreault

 

 

J'ai acheté ma paire de Salomon X-TR 4-roues cet été, j'ai donc commencé à rollerblader cet été. Ce n'est qu'en début septembre que j'ai fait mes premières randonnées en semaine avec la gang de Roller-Montréal. Ça m'a permis de développer une certaine technique, loin d'être parfaite certes mais il s'agit de commencer par le commencement.

Malgré que l'idée me trottait dans la tête en voyant les affiches du Défi le long des pistes cyclables, je n'ai eu aucune intention sérieuse de faire le Défi avant fin septembre. Voyant tous ces élites de Roller-Montréal sur 5-roues partir en trombe à chaque randonnée et qui m'était impossible de rattraper, je m'étais fait à l'idée qu'il fallait patiner comme eux pour terminer le Défi dans les temps limites. Mais non, en prenant connaissance des informations et consignes d'entraînement sur le site web du Défi (merci Rod), j'ai réalisé que l'objectif de terminer le Défi serait très atteignable pour moi. J'ai pris la décision finale de m'inscrire en discutant des Défis antérieurs avec un certain François Leclerc, un bon compagnon de randonnée [NDLR: et membre de Roller-Montréal]. C'est un peu aussi à cause lui si je me suis inscrit.

J'ai vu comme tout le monde la météo une semaine avant le Défi qu'il annoncait de la "faible" pluie. Bah! Ça a le temps de changer d'ici une semaine! Au pire elle ne sera que "faible"... Mais quand elle te tombe dessus pendant plus de 8 heures, ce n'est plus de la faible pluie... Me rendant à l'évidence trois jours avant le Défi, je savais qu'il fallait me préparer pour la pluie. Je n'avais jamais patiné dans la pluie auparavant, je dois dire que l'expérience a plutot été réussie, c'est sûrement parce que j'étais habillé en conséquence. Vêtu d'un sac vert par-dessus mon coupe-vent, je suis parti dans le milieu du peloton et j'ai gardé cette position pas mal tout le long de l'épreuve, terminant 40e sur 90. Peu après le départ étant encore au sec, je commençais à transpirer et à avoir un peu chaud (je vous jure!). J'ai songé un moment à retirer mon coupe-vent, ce qui aurait été une grosse erreure, car plus l'épreuve avançait, plus j'étais trempé de bord en bord -- sac à dos inclus -- et donc plus je perdais de chaleur. Finalement je l'ai gardé et je n'ai pas eu froid.

Tout allait relativement bien pour moi jusqu'à la 5e section. À partir de ce moment, plusieurs patineurs m'ont passé et j'ai perdu énormément de vitesse. Je ne pouvais plus véritablement pousser avec mes jambes, j'avais seulement la force de "me supporter" physiquement. Chaque poussée était pénible à effectuer. Je me demandais si c'était mes roulements qui refusait graduellement de rouler, car je les entendais grinçer depuis le début presque, métal contre métal, sûrement pleins d'eau... et vide d'huile, scouitch! scouitch! scouitch! Shit... Ils tofferont pas jusqu'à l'arrivée... Je ne savais pas parfois si le bruit provenait de mes propres patins, ou ceux des autres patineurs qui roulaient parfois près de moi. Quoi qu'il en soit j'ai quand même réussi à les sauver et ils m'ont permis de terminer l'épreuve.

Peu après le début de la 5e section, j'ai dépassé le patineur qui portait le numéro 1, sûrement que certains d'entre vous l'ont croisé, il avait l'air très exténué, il patinait très lentement littéralement penché vers l'avant, je lui ai lâché un "Let's go number one!" avant de continuer mon trajet et finalement le perdre derrière moi. [NDLR: il s'agit de Gerald Roehme, venu de l'Allemagne pour faire le Défi. Il a abandonné après une mauvaise chute, mais a fort apprécié l'expérience et notre accueil.]

J'ai pris conscience de la difficulté que représentait le niveau moral à cette fameuse 5e section... Je comprend maintenant pourquoi l'on redoute tant "le boutte des raffineries" de la rue Notre-Dame et ses merveilleux trottoirs sans craques ;-). Le parcourir seul en plus -- ce qui m'est arrivé -- c'est presque se contraindre à l'adandon, idée qui m'à trotté dans la tête je ne saurais dire combien de temps ni où exactement dans la 5e section. Je tentais constamment d'apercevoir au loin le pont Jacques-Cartier, ça m'apparut une éternité avant que je puisse le voir au loin. Après ça, bien, on sait qu'on est presque arrivé...

En toute honnêteté, je visais en dessous des 8 heures, j'ai fait 39 minutes de plus. Sûrement à cause de mes jambes fatiguées et la pluie. Ce n'est que partie remise pour l'an prochain en espérant de meilleures conditions. En tout cas, ça me donne une énorme motivation pour l'entraînement!

Pour terminer j'aimerais dire un gros merci aux bénévoles, à la gang de Roller-Montréal et à l'organisateur Robert Fortier qui rend cette épreuve possible. Ce fut une expérience mémorable comme premier Défi et c'est sûrement pas mon dernier!

Yann Gaudreault


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