2003


Rapport - Alain Lemyre

 

 

Premièrement, je voudrais remercier Robert Fortier et tous les bénévoles qui ont fait de ce Défi un succès. Un gros merci!!! Merci à Rod Willmot pour tous les conseils sur le site du Défi ainsi que sur le site de Roller-Montréal. Ses conseils m'ont permis de bien me préparer et de structurer mon entraînement. Merci à ma mère Hélène et ma copine Sonia d'avoir été une source de motivation et de Gatorade inépuisable (je suis certain que le lave-glace était du Gatorade...) pendant le Défi, et de m'avoir suivi dans ma folie!

J'ai pris connaissance du Défi l'année passée sur la piste cyclable du boulevard LaSalle. J'ai immédiatement calculé ce que représentait 128 km. Six fois aller-retour de Lachine aux Vieux-Montréal sans arrêt au Dairy Queen. Combien de coups de patin représente une telle distance? Je préférais ne pas le calculer (j'ai eu un point au cerveau juste à y penser), mais j'étais certain que ç'était assez pour avoir très mal aux jambes. Malheureusement, les roues des nouveaux patins que j'avais achetés se sont désintégrées avec la chaleur en deux jours d'utilisation. Les patins m'ont été crédités et j'ai décidé de ne pas acheter de patins avant la saison prochaine.

L'hiver passé j'avais hâte de patiner pour brûler les graisses hivernales et me remettre en forme, car en forme je ne l'étais plus. Lors d'une randonnée j'ai aperçu la même affiche sur la piste, et cette fois-ci elle criait mon nom! J'ai pris en note le site et je l'ai visité immédiatement après ma randonnée. J'ai lu tous les rapports des patineurs de 2002 et j'ai été impressionné par le courage des gens et de la solidarité des patineurs malgré les conditions très difficiles. Dès ce moment, le Défi est devenu une véritable obsession pour moi. J'avais deux buts: le premier était de finir le Défi, et le deuxième était de finir en bas des 8 heures.

J'ai fait de la distance longue et lente mon mantra. Tout l'été, j'ai dévoré du kilomètre de piste. J'ai tenté de mettre en pratique toutes mes nouvelles connaissances sur le patin ainsi que l'entraînement. J'ai eu beaucoup de plaisir à m'entrainer et à penser à ce qu'était pour être le Défi. Au mois d'août j'ai eu une sacré surprise... Lors de la rotation de mes roues, je me suis rendu compte que mon chassis était craqué sur un des deux patins. Après tout cet entrainement, c'est mes patins qui me lâchaient pour la deuxième année de suite! Le magasin ne voulant pas me rembourser et le manufacturier étant incapable de me remplacer les patins, je n'avais que deux choix: patiner sur les patins brisés ou les faire créditer immédiatement. J'ai décider d'espérer que les patins tiennent le coup et de les créditer après la course. À chaque randonnée précédant le Défi j'ai espéré que le patin ne me lâche pas.

La semaine précédant le Défi, j'ai suivi le conseil de Rod Willmot de faire une période de réduction d'une semaine. D'après moi, c'est le conseil le plus précieux du site. Si je n'avais pas lu ce conseil, je suis certain qu'avec le stress je me serais trop entrainé la semaine avant le Défi.

À ma grande surprise, le soir avant le Défi j'étais très calme et j'ai réussi à m'endormir à 22h. À 4h45 le cadran sonne, enfin le Défi est arrivé!!! J'ai mangé un bon déjeuner et je me suis assuré d'avoir tout mon équipement. 5h30, le départ dans la noirceur pour l'Auditorium. Arrivé à l'Auditorium, j'ai aperçu tous ces patineurs qui se réchauffaient dans le stationnement. J'étais impressionné par le nombre de patineurs qui avaient décidé de relever le défi. À 6h00 le départ est lancé et quel départ irréel! Tous ces patineurs qui disparaissaient dans le noir guidé par leur instinct et le peu de lumière qui éclairait la piste. Je me suis dit à ce moment que je ne voulais ne rien regretter de ma performance et de patiner du mieux que je pouvais.

Je m'avais donné comme but de faire les 5 étapes en 1h30 chaque pour un total de 7h30, avec une demi-heure de jeu pour atteindre les huit heures. J'étais tellement concentré que je n'ai même pas vu la première étape passer. J'avais prévu faire un arrêt à la deuxième étape, mais j'ai décidé de continuer, car je ne voulais pas perdre le groupe. Lorsque j'ai pris une de mes power bars je me suis rendu compte qu'elle était aussi dure que l'asphalte du chemin Senneville. Je crois que je dépensais plus d'énergie à mastiquer qu'à patiner! J'ai décidé à ce moment que le Gatorade serait ma seule source d'énergie. À la troisième étape j'ai regardé ma montre et j'ai constaté que si tout allait bien j'allais finir en bas des huit heures. J'étais très heureux! J'ai suivi un groupe pendant la 3e étape et ils ont décidé de faire un arrêt au début de la 4e étape. J'ai décidé d'entreprendre la dernière étape seul...

La piste sur Notre-Dame était très difficile, les nombreux feux de circulation difficiles à gèrer. Mes patins commencaient à faire des bruits bizarres mais je n'osais pas regarder, j'allais finir peu importe si c'était sur un seul patin. L'idée que j'étais près du but me motivait d'avantage. Lorsque je suis arrivé à la piste du boulevard LaSalle j'ai aperçu l'Auditorium, il ne m'a jamais semblé aussi beau, et j'ai commencé à sprinter jusqu'à la ligne d'arrivé. J'ai immédiatement regardé ma montre et j'étais surpris de mon temps -- 6h04. Les muscles de mes jambes criaient, mais j'étais tellement heureux!

Je aimerais féliciter tous les participants d'avoir entrepris cette aventure, et j'espère qu'on sera encore plus nombreux l'année prochaine. Je ne manquerai pas le prochain Défi pour rien au monde!

Alain Lemyre, #18


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